La défiscalisation via FIP et FCPI (Guide 2020)

Si plusieurs textes de loi permettent la défiscalisation de vos biens immobiliers en encourageant l’investissement dans le neuf ou dans des zones spécifiques, il existe d’autres moyens de défiscaliser. Les FIP et FCPI en font partie.

Parmi tous les profils de propriétaires immobiliers, certains sont plus ambitieux que d’autres. Nombreux sont ceux qui se cantonneront à la Loi Pinel pour profiter de la défiscalisation de leur appartement, immeuble ou pavillon ; pourtant des investissements à plus haut risque permettent également d’optimiser sa fiscalité, c’est notamment le cas du FIP et du FCPI. Ces deux fonds encouragent l’investissement dans de jeunes entreprises en contrepartie d’exonérations d’impôts susceptibles de vous intéresser.

Comment marche le FIP ? Comment fonctionne le FCPI ? Quels sont leurs critères d’éligibilité ? FIP ou FCPI : quel fonds choisir ?

Voici un résumé complet des informations à connaître pour découvrir le fonctionnement de ces deux fonds dans le moindre détail et bien diversifier votre patrimoine.

Qu’est-ce que le FIP ?

Créé en 2003 par la Loi Dutreil, le Fonds d’investissement de proximité (FIP) encourage l’investisseur à placer son argent dans des PME (représentant 70% de ses fonds) qui lui sont géographiquement proches. En contrepartie de cet investissement financier vu comme un soutien à l’économie locale et au développement des petites et moyennes structures, l’État propose certaines réductions fiscales visant à encourager la manoeuvre.

Quelles sociétés pour être éligible ?

Plusieurs critères viennent limiter la diversité des sociétés dans lesquelles il est possible d’investir, ces dernières doivent :

  • être situées dans une à quatre régions limitrophes à l’investissement ;
  • se trouver au sein de l’Union européenne ;
  • ne pas réaliser un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros ;
  • compter moins de 250 salariés et être indépendante ;
  • pas plus de 50% du Fonds ne peut être alloué à une seule région

Il faut ajouter à cela qu’au moins 20% de l’investissement doit cibler des entreprises jeunes (moins de 8 ans d’existence) et que la part des fonds alloués à une seule et même région ne doit pas dépasser les 50%.

La défiscalisation avec le FIP

Malgré la lourdeur des conditions d’éligibilité au Fonds d’investissement de proximité, des réductions fiscales de taille sont à la clé :

  • 18% de déduction de l’Impôt sur le revenu (IR) (maximum de 2160€) ;
  • 50% de déduction de l’Impôt sur la fortune (ISF) (maximum de 18000€) ;
  • Plus-values sur les sociétés exonérées d’imposition.

Ajoutons à cela que la gestion est déléguée et que la réduction d’impôts prend un effet immédiat. Toutefois quelques contraintes viennent contrebalancer ces avantages fiscaux.

En effet, le risque lié aux sociétés ciblées est réel. Puisqu’il s’agit de jeunes PME, les résultats sont loin d’être garantis. En plaçant ainsi son argent, l’investisseur s’engage sur une période de 5 années avant de pouvoir percevoir les éventuelles recettes liées aux plus-values des entreprises. La décision se fait donc en confrontant le niveau de risque aux gains potentiels.

Les différentes catégories de FIP

Si le FIP classique propose une réduction de 18% de l’impôt sur le revenu en France métropolitaine, des variantes existent, notamment en Corse et dans les DOM-TOM. 

En Corse, la réduction fiscale monte à 38% à condition de détenir au moins 70% des titres de la PME (et donc d’en devenir actionnaire majoritaire). En outre-mer, ce taux augmente encore pour atteindre les 42% d’exonération fiscale.

Si le Fonds pour l’investissement de proximité encourage l’économie locale et naissante, il existe un autre Fonds qui lui est plus ou moins complémentaire : le FCPI.

Qu’est-ce que le FCPI ?

Le Fonds Commun de Placement dans l’Innovation (FCPI) a été créé en 1997 par la Loi des Finances. Il s’agit d’un OPCVM destiné comme son nom l’indique, à encourager les sociétés innovantes via l’injection de capitaux.

Les sociétés éligibles

Relativement proches du FIP, les FCPI présentent leurs propres critères d’éligibilité concernant les entreprises ciblées :

  • doivent être Européennes (comme pour le FIP) ;
  • doivent être indépendantes (comme pour le FIP) ;
  • doivent accueillir moins de 2000 salariés (250 pour le FIP) ;
  • doivent être âgées de moins de 10 ans (8 ans pour le FIP).

Mais c’est lorsqu’on en vient au profil de la société que la différence est réellement marquée avec le FIP. En effet, les critères changent radicalement :

  • pas de limite de Chiffre d’Affaires ;
  • pas de limite pour le Bilan ;
  • aucun besoin de proximité géographique.

La spécificité des FCPI est que leur actif est à 70% composé de sociétés à caractère innovant. Il peut s’agir par exemple de domaines comme les télécommunications, les sciences de la vie, la robotique…

En encourageant l’innovation et l’économie locale des PME, les FIP et FCPI placent les investisseurs devant un pari osé. Maîtriser en profondeur les critères de sélection d’une société, mais surtout savoir évaluer le potentiel qui se cache derrière est la clé pour un investissement rentable !

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