Le Frugalisme, ou comment partir à la retraite avant ses 40 ans

Mouvement américain préconisant un mode de vie modeste et des investissements bien gérés pour arrêter le travail très tôt, le frugalisme gagne du terrain en Europe et arrive en France.

La tertiarisation globale dans les sociétés développées au cours des dernières décennies semble avoir engendré une certaine crise de sens dans le monde professionnel. Certains salariés ne se retrouvent plus dans le carriérisme et la course à la performance qui leur sont proposés. C’est pourquoi certains décident de tout quitter en vivant de revenus passifs mis en place en quelques années : ce sont les frugalistes. 

Qu’est-ce que le frugalisme ? Qui sont les frugalistes ? Comment partir à la retraite avant 40 ans ? Pourquoi devenir frugaliste ? Qu’implique concrètement le mode de vie frugaliste ?

Voici un résumé complet des informations à connaître sur le frugalisme pour comprendre comment et à quel prix certains partent à la retraite avant 40 ans. 

Qu’est-ce que le frugalisme ?

Le frugalisme est un mouvement qui tire son nom de l’adjectif frugal qui, en latin, signifie sobre. Ce mouvement préconise donc le fait de vivre de manière frugale et de faire fructifier son argent pour partir à la retraite tôt, si possible avant l’âge de 40 ans. 

À l’origine, le mouvement est né au début des années 2000 aux États-Unis sous l’acronyme FIRE, pour « Financial independance, retire early », c’est-à-dire « Indépendance financière, retraite précoce ». Depuis son apparition, il a fait de nombreux adeptes et s’étend aujourd’hui en Europe, notamment en Allemagne, et commence à se faire connaître en France…

Le frugalisme a été popularisé par un certain nombre de blogs, dont les plus populaires sont lus par près de 2 millions de visiteurs chaque mois ! Ces blogs, tels que Our next life, Frugalwoods et What could be life, proposent des conseils pratiques pour devenir frugaliste. 

Par ailleurs, on trouve également aujourd’hui des livres sur le sujet, comme “J’arrête de travailler ! : Les clés du frugalisme” de Gisela Anders (2018) qui rassemblent une quinzaine d’entretiens d’adeptes du mouvement…

 


 

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Le profil des frugalistes

Bien qu’il existe quelques disparités parmi les adeptes de la retraite à 40 ans, on observe bel et bien un profil type. En général, les frugalistes sont des personnes issues de la classe moyenne et ayant effectué des études supérieures. Ils sont donc diplômés et ont eu des revenus confortables (entre 35 000 et 75 000 dollars par an) durant leur période d’activité professionnelle.

Toutefois, les partisans du frugalisme présentent souvent un manque d’intérêt pour leur profession d’origine (cadres dans le commerce ou l’informatique, ingénieurs…), entraînant un déficit d’épanouissement et une remise en cause totale de leur milieu professionnel, voire du monde du travail dans sa globalité. Leur activité originelle manquant de sens pour eux, ils ne la percevaient plus que comme un simple moyen de gagner de l’argent pour vivre.

Les frugalistes sont donc loin du profil « hippie-écolo » auquel on pourrait penser a priori. Ce sont au contraire des personnes qui exploitent le système capitaliste pour mieux le quitter. En France, les frugalistes sont encore peu nombreux et ne recherchent aucunement la médiatisation. La plupart n’ont d’ailleurs pas conscience de l’existence d’un « mouvement » et ne souhaitent pas y être associés.

Comment devenir frugaliste ?

La méthode utilisée par les aspirants frugalistes est la suivante : réduire ses dépenses, épargner, investir, et prendre sa retraite !

Pour ce faire, ils utilisent différentes stratégies. Certains disposent d’un capital de départ, d’autres économisent plusieurs années (voire deux décennies) en réduisant leur budget mensuel au minimum (suppression de toutes les dépenses superflues, et maximisation de l’autogestion – potager, économies d’énergie…).

Les économies ainsi acquises sont ensuite investies dans des placements immobiliers ou boursiers (dans les ETF, Exchange Traded Funds ou sur des titres individuels). En parallèle, les frugalistes se créent des sources de revenus passifs : création de sites internet et de blogs générant des revenus publicitaires automatisés.

Durant cette phase d’investissement, les frugalistes respectent généralement la règle des 4% : ils ne peuvent quitter le salariat que lorsque la totalité de leur patrimoine est 25 fois supérieure à la totalité de leurs dépenses sur une année (par exemple, pour des dépenses annuelles de 1 500 x 12 = 18 000 euros, il faut un patrimoine de 450 000 euros).

Ainsi, les frugalistes sont des rentiers (individus percevant une ou plusieurs rentes) dits « de situation » car, en plus de leur bagage académique d’origine et de leurs revenus confortables, certains ont pu être aidés de leur famille dans leur quête d’indépendance financière (notamment les premières années), famille les ayant souvent éduqués en matière d’épargne et d’investissement.

Par ailleurs, aux États-Unis, le mouvement FIRE s’organise en véritables réseaux dont les chefs de file proposent leurs expertises et formations payantes afin de guider les apprentis sur le chemin de l’indépendance (meilleurs placements, stratégies boursières…)

Avantages et inconvénients du frugalisme

Une fois l’étape de l’investissement achevée et le but de l’indépendance atteint, la plupart des frugalistes arrêtent de travailler. Beaucoup voyagent plusieurs mois par an, ou vivent simplement à leur propre rythme. C’est la liberté nouvellement acquise qui est la plus recherchée par les partisans du mouvement. 

Les frugalistes disent retrouver une sérénité qu’ils n’avaient plus expérimentée depuis de nombreuses années, embourbés dans le stress des résultats et la pression de leur hiérarchie. Certains travaillent encore, mais avec des horaires plus souples et dans des activités qu’ils jugent plus épanouissantes que leurs anciennes professions (bénévolat, associations, loisirs créatifs, consulting…).

Par ailleurs, le fait de vivre modestement en réduisant ses dépenses au minimum s’inscrit dans une quête d’un bonheur détaché de toute considération matérielle, qui serait plus un objectif de développement personnel dans tous les domaines et de recentrage sur ce qui compte vraiment (les proches, l’art, les voyages…).

Toutefois, ce mode de vie implique parfois certains sacrifices qui pourraient rebuter des aspirants frugalistes : un contrôle extrême des dépenses et beaucoup d’heures passées à gérer les divers investissements et revenus automatisés de peur de perdre cette précieuse indépendance financière. Certains frugalistes s’expatrient dans des pays où le coût de la vie est moins cher (Europe de l’Est, Asie du Sud-Est…) plusieurs mois par an voire toute l’année.

Cette « retraite avant 40 ans » n’en est donc pas une au sens propre, puisque la retraite est un véritable revenu passif. La retraite des frugalistes nécessite un minimum de gestion, et donc, de travail.

Réduire ses dépenses au maximum afin d’investir ses économies permet aux frugalistes de partir à la retraite bien plus tôt que le reste de la population. Un mode de vie modeste qui offre une certaine liberté et permet un recentrage sur soi, mais nécessite un minimum de gestion !

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